B. L’énergie, une ressource stratégique sous tension

1. Une ressource inégalement disponible et sous tension

L’énergie est une ressource indispensable pour les sociétés humaines. Elles sont essentielles au développement économique (industries, transport…) et répondent aux besoins humains de cuisiner, de se réchauffer, de s’éclairer et de se déplacer.

Toutefois, la répartition des ressources en énergie est très inégale sur la planète. Les énergies fossiles, dont les réserves sont limitées, sont présentes en grande quantité dans certaines pays (Royaumes du Golfe, Russie) tandis que d’autres pays n’en disposent pas du tout. Les énergies renouvelables ont l’avantage d’être abondantes mais leur production dépend très souvent du climat (ensoleillement, vent…) et ne sont donc pas disponibles dans tous les pays.

La consommation en énergie augmente fortement sur la planète. La croissance démographique et économique ainsi que l’évolution du mode de vie des populations entraînent une croissance de la demande mondiale (x 2 depuis 1973). Cette pression qui s’exerce notamment sur les énergies fossiles pose la question de la diminution des stocks et de ses conséquences futures : hausse des prix, pénuries. L’accès à de nouveaux gisements d’hydrocarbures (pétrole, gaz) offshore est techniquement difficile et cause des tensions géopolitiques comme entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée orientale en 2020 par exemple.

L’accès aux ressources énergétiques dépend du niveau de développement des Etats. Les pays du Sud, qui ont besoin des ressources énergétiques pour soutenir leur développement économique, doivent faire face à des difficultés d’accès aux énergies même lorsqu’ils disposent de réserves : le Nigéria est un pays pétrolier mais 40% de sa population n’a pas accès à l’électricité. Dans les pays industrialisés, la consommation en énergie est très élevée : ces pays ont les moyens financiers de répondre à leurs besoins mais l’augmentation du prix de l’énergie dans la société pénalise les populations les plus pauvres.

2. Vers une transition énergétique ?

Afin que les populations de demain puissent profiter d’un développement économique et social satisfaisant (= bon niveau de vie) dans un environnement préservé, le développement durable est un enjeu majeur.

L’utilisation excessive de énergies fossiles accentue la pression sur une ressource limitée (augmentation des prix, risque de pénurie…) et aggrave le dérèglement climatique à l’origine de l’intensification de certains risques climatiques. La transition énergétique est donc une voie indispensable pour lutter contre le réchauffement en favorisant le recours aux énergies renouvelables, en améliorant l’efficacité énergétique, en s’appuyant sur les innovations techniques et en imposant des règles juridiques visant à limiter les émissions des gaz à effet de serre.

Une prise de conscience globale en faveur de la transition énergétique semble se manifester à l’échelle de la planète. De nombreux acteurs (ONU, ONG, Etats, collectivités, entreprises, population) se mobilisent mais la volonté politique est parfois mise à l’épreuve à l’image de la sortie des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat en 2017. De plus, dans les pays du Sud, la priorité donnée au développement économique ne pousse pas à abandonner les énergies fossiles (charbon en Chine). Enfin, l’utilisation d’énergies renouvelables peut avoir des effets pervers à l’exemple de la combustion du bois qui participe largement à la déforestation.


Vocabulaire


Développement durable : développement qui répond au besoin du présent sans compromettre le niveau et la qualité de vie des générations futures. Il s’appuie sur un équilibre entre développement économique, développement social et préservation de l’environnement.

Efficacité énergétique : utilisation de moins d’énergie pour fabriquer le même produit ou obtenir le même service grâce aux progrès techniques et à l’innovation.

Energies fossiles : énergies non renouvelables produites à partir d’hydrocarbures (pétrole, gaz) ou de charbon stockés dans le sous-sol.

Energies renouvelables : énergies d’origine naturelle qui ne s’épuisent pas (énergies éolienne, solaire, hydroélectricité).

Transition énergétique : période d’adaptation qui vise à utiliser des ressources en énergie de manière plus rationnelle et respectueuse de l’environnement.

A. L’eau, une ressource essentielle sous tension

1. L’inégal accès à l’eau

L’eau douce est une ressource essentielle à la vie. Les usages de l’eau sont nombreux : domestiques (8%), industriels (22%) et agricoles (70%).

Les ressources en eau douce disponibles sont suffisantes pour répondre aux besoins des sociétés humaines mais elles sont inégalement réparties sur la planète. Il faut de plus tenir compte également de sa disponibilité dans le temps (précipitations variables). De ce fait, si certaines régions du monde disposent d’importantes ressources (Brésil, Russie), d’autres en revanche sont exposées à une insécurité hydrique (Sahara, Sahel).

De plus, l’accès à l’eau dépend aussi du niveau de développement des sociétés. En effet, certains pays dont les ressources sont faibles ont les moyens financiers ou techniques d’accéder à l’eau potable (Arabie saoudite, Pologne). A l’inverse, des pays qui disposent de réserves en eau peuvent avoir des difficultés à distribuer la ressource à leur population (Guinée, « château d’eau » de l’Afrique). De même, l’accès à l’eau potable et le traitement des eaux usées sont plus généralisés dans les pays du Nord.

Avec la croissance de la population mondiale et l’urbanisation, les besoins en eau explosent. La surexploitation des ressources cause des pénuries tandis que les pollutions diverses (industries, non traitement…) dégradent la qualité des eaux. De plus le partage des ressources en eau provoque des conflits d’usage (Californie) mais aussi des tensions géopolitiques (Moyen-Orient).

La leçon lue par Francky (2G7/LPO Balata)

– Le résumé en schéma : L’accès à l’eau potable

2. Vers une gestion durable de l’eau ?

L’eau est une ressource essentielle. Une bonne gestion de cette ressource est donc un enjeu capital.

D’abord, face au prélèvements important de la ressource dans un contexte où la demande est croissante dans le monde, les sociétés doivent faire l’effort d’économiser l’eau. Alors que 70% des besoins en eau concernent l’agriculture, il est nécessaire que le monde agricole développe des solutions pour limiter le gaspillage de la ressource, à l’exemple des hydrorétenteurs. Mais l’usage domestique de l’eau peut également être mieux géré à l’aide de gestes simples du quotidien.

Ensuite, il est impératif de protéger les sources d’eau de la pollution. En effet, qu’elle soit d’origine agricole (engrais), industrielle ou même domestique (eaux usées), la pollution doit être traitée en amont (normes, contrôles) comme en aval (stations d’épuration). Dans les pays du Sud, il faut donc développer des systèmes d’assainissement. Mais d’une manière générale, alors même que certains polluants sont de plus en plus résistants aux techniques de purification classique de l’eau, l’innovation doit permettre de mieux préserver la ressource en eau (ozonation).

Enfin, source de tension et de conflit dans certaines régions du monde (Nil), il est important de favoriser la coopération entre les États afin de faciliter le partage de la ressource en eau (ouverture de la Convention sur l’eau de l’ONU à tous les pays en 2018).


Vocabulaire

Conflits d’usage : concurrence entre secteurs d’activité ou groupes sociaux pour l’utilisation d’un territoire ou d’une ressource.

Insécurité hydrique : situation dans laquelle la quantité et la qualité de l’eau accessible est insuffisante pour répondre aux besoins d’une société.


Documents

Vidéo : Un accès difficile à l’eau potable en Guinée

Vidéo : Vers un conflit d’usage en Californie

– Vidéos : Pourquoi et comment mieux gérer la ressource en eau ?