A. L’eau, une ressource essentielle sous tension

1. L’inégal accès à l’eau

L’eau douce est une ressource essentielle à la vie. Les usages de l’eau sont nombreux : domestiques (8%), industriels (22%) et agricoles (70%).

Les ressources en eau douce disponibles sont suffisantes pour répondre aux besoins des sociétés humaines mais elles sont inégalement réparties sur la planète. Il faut de plus tenir compte également de sa disponibilité dans le temps (précipitations variables). De ce fait, si certaines régions du monde disposent d’importantes ressources (Brésil, Russie), d’autres en revanche sont exposées à une insécurité hydrique (Sahara, Sahel).

De plus, l’accès à l’eau dépend aussi du niveau de développement des sociétés. En effet, certains pays dont les ressources sont faibles ont les moyens financiers ou techniques d’accéder à l’eau potable (Arabie saoudite, Pologne). A l’inverse, des pays qui disposent de réserves en eau peuvent avoir des difficultés à distribuer la ressource à leur population (Guinée, « château d’eau » de l’Afrique). De même, l’accès à l’eau potable et le traitement des eaux usées sont plus généralisés dans les pays du Nord.

Avec la croissance de la population mondiale et l’urbanisation, les besoins en eau explosent. La surexploitation des ressources cause des pénuries tandis que les pollutions diverses (industries, non traitement…) dégradent la qualité des eaux. De plus le partage des ressources en eau provoque des conflits d’usage (Californie) mais aussi des tensions géopolitiques (Moyen-Orient).

– Le résumé en schéma : L’accès à l’eau potable

2. Vers une gestion durable de l’eau ?

L’eau est une ressource essentielle. Une bonne gestion de cette ressource est donc un enjeu capital.

D’abord, face au prélèvements important de la ressource dans un contexte où la demande est croissante dans le monde, les sociétés doivent faire l’effort d’économiser l’eau. Alors que 70% des besoins en eau concernent l’agriculture, il est nécessaire que le monde agricole développe des solutions pour limiter le gaspillage de la ressource, à l’exemple des hydrorétenteurs. Mais l’usage domestique de l’eau peut également être mieux géré à l’aide de gestes simples du quotidien.

Ensuite, il est impératif de protéger les sources d’eau de la pollution. En effet, qu’elle soit d’origine agricole (engrais), industrielle ou même domestique (eaux usées), la pollution doit être traitée en amont (normes, contrôles) comme en aval (stations d’épuration). Dans les pays du Sud, il faut donc développer des systèmes d’assainissement. Mais d’une manière générale, alors même que certains polluants sont de plus en plus résistants aux techniques de purification classique de l’eau, l’innovation doit permettre de mieux préserver la ressource en eau (ozonation).

Enfin, source de tension et de conflit dans certaines régions du monde (Nil), il est important de favoriser la coopération entre les États afin de faciliter le partage de la ressource en eau (ouverture de la Convention sur l’eau de l’ONU à tous les pays en 2018).


Vocabulaire

Conflits d’usage : concurrence entre secteurs d’activité ou groupes sociaux pour l’utilisation d’un territoire ou d’une ressource.

Insécurité hydrique : situation dans laquelle la quantité et la qualité de l’eau accessible est insuffisante pour répondre aux besoins d’une société.


Documents

Vidéo : Un accès difficile à l’eau potable en Guinée

Vidéo : Vers un conflit d’usage en Californie

– Vidéos : Pourquoi et comment mieux gérer la ressource en eau ?

B. Les sociétés cherchent à s’adapter face aux risques

1. Une vulnérabilité inégale face aux risques

Si les sociétés sont inégalement exposées aux risques, leur vulnérabilité est aussi très inégale. En effet, les sociétés sont plus ou moins sensibles aux aléas selon leurs caractéristiques physiques, sociales, économiques ou politiques.

La vulnérabilité est étroitement liée au niveau de développement. Les pays du Nord (= pays développés) sont ainsi moins fragiles que les pays du Sud (= en développement). En général, les catastrophes qui frappent les pays du Nord ont des conséquences principalement économiques (dégâts matériels, ralentissement de l’activité…).

En revanche, dans les pays du Sud, les catastrophes causent souvent des pertes humaines et provoquent des crises humanitaires (manque d’eau potable, développement de maladies…). Cette fragilité des pays du Sud est notamment associée à des négligences (non respect ou absence de normes) ou à des carences politiques (plan de prévention et gestion de crise absents ou défaillants).

Certains territoires sont régulièrement mis à l’épreuve, à l’exemple de l’île de Saint-Martin qui est exposée à des cyclones de plus en plus intenses (Irma en 2017).

2. Prévenir et gérer les risques

Les sociétés cherchent à se protéger des risques. Dans ce but, elles construisent des infrastructures adaptées (digues aux Pays-Bas) et appliquent des normes techniques spécifiques pour assurer la résistance des bâtiments (normes parasismiques au Japon).

Plus généralement, les sociétés mettent en place des mesures de prévention pour limiter au maximum la manifestation d’un risque. Lorsque ce n’est pas possible (aléas naturels) elles développent les moyens des prévisions (satellites) et d’alerte pour informer au plus vite les habitants d’une zone vulnérable.

Toutefois, la prévention ne suffit pas toujours à éviter une catastrophe. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre un place un dispositif de gestion de crise efficace afin de réagir à l’urgence (sauver des vies, aider les victimes) puis de mener la reconstruction en intégrant mieux la vulnérabilité au risque grâce à l’expérience de la catastrophe (aménagements durables). Ce retour d’expérience permet également de renforcer la résilience de la population.

La prévention et la gestion des catastrophes s’appuient sur l’État mais aussi sur les citoyens. D’où la nécessité de préparer la société aux risques en informant et en formant les populations. A cet égard, celles des pays du Sud sont moins bien préparées (État faible, difficultés financières). L’aide humanitaire internationale est souvent indispensable en cas de crise.


Vocabulaire

Catastrophe : conséquence d’un événement destructeur associée le plus souvent à des victimes humaines et des dégâts matériels.

Gestion de crise : ensemble des moyens mis en place pour permettre à une société de se préparer et de faire face à la manifestation d’une crise. Ces moyens sont perfectionnés grâce au retour d’expérience.

Prévention : mesures mises en place pour empêcher ou limiter la réalisation d’un risque.

Résilience :
capacité d’une population à encaisser et à se relever d’une catastrophe et de se reconstruire.

Vulnérabilité : fragilité d’une société face à un aléa => effets d’une catastrophe sur la société amplifiés.

Documents

Vidéos : Irma frappe l’île française de Saint-Martin en 2017

A. Des sociétés soumises à des risques croissants

1. Des risques variés et de plus en plus nombreux

Un risque est la probabilité qu’une population soit touchée par une catastrophe causée par un aléa. Un aléa peut être d’origine naturelle (météo) mais aussi humaine (pollution). Il existe différents types de risques selon les aléas auxquels sont exposées les sociétés. On distingue principalement les risques « naturels », les risques technologiques et les risques sanitaires.

Les risques « naturels » lorsqu’ils sont associés aux aléas climatiques (inondations, sécheresses, cyclones) sont les plus courants et concernent l’ensemble des sociétés. Ils sont de plus aggravés par le réchauffement climatique. En revanche, les risques sismiques et volcaniques se manifestent dans des milieux spécifiques (« ceinture de feu » du Pacifique).

Les risques technologiques (explosions, pollution) sont liés au niveau d’industrialisation d’un pays mais aussi à sa capacité d’imposer des normes de sécurité et des contrôles (prévention). Si le nombre d’accidents industriels augmentent sur la planète, c’est dans les pays en développement (Chine) que les conséquences sont les plus graves.

Les risques sanitaires (épidémies) augmentent avec la mondialisation et notamment les mobilités transnationales. Des virus localisés (Ebola) sont désormais susceptibles de se diffuser très largement au-delà des frontières régionales.

– Le résumé en schéma : Des risques variés

2. Les sociétés amplifient les risques

Les zones dans lesquelles se concentrent les hommes (densité) et les activités (villes, littoraux) sont plus exposées aux risques. Dans certaines régions où la population augmente rapidement (pression démographique), cette exposition aux risques est aggravée.

En transformant leur environnement, les populations renforcent les risques. L’urbanisation mal contrôlée favorise les inondations (« bétonisation ») et la déforestation accentue les risques de glissements de terrain (érosion).

La négligence est également un facteur de risque à l’exemple des installations humaines qui ne répondent pas aux normes de sécurité.
Enfin, à l’échelle globale, les activités humaines aggravent le réchauffement climatique responsable notamment de l’élévation du niveau de la mer. Certaines zones sont ainsi menacées d’inondations de grande ampleur (deltas fluviaux) quand d’autres risquent de disparaître (archipels du Pacifique).

Le Bangladesh est ainsi régulièrement touché par des inondations qui sont accentuées par la déforestation des pentes et le réchauffement climatique (plus de 10% du territoire sous les eaux en 2050).

– Le résumé en schéma : Les sociétés accentuent les risques


Vocabulaire

Aléa : phénomène dont l’origine échappe complètement ou partiellement aux hommes.

Catastrophe : conséquence grave (victimes et/ou dégâts matériels) d’un phénomène qui touche une société.

Érosion : usure et transformation des sols sous l’effet d’une action externe (eau, vent…)

Norme : règle qui vise à améliorer le fonctionnement ou la sécurité d’un produit.

Pression démographique : rapport entre l’effectif de la population et les ressources dont elle peut disposer.

Risque : danger qui pourrait menacer un territoire.


Documents

Etude de document (vidéo) : Le Bangladesh, en espace soumis aux risques naturels

Analyse de documents et image satellitaire : La déforestation de l’Amazonie (PDF)