B. Un espace de conflits entre croisade et Jihad

1. Le Proche-Orient

Après avoir pris Jérusalem en 1071, les Turcs Seldjoukides bloquent l’accès des pèlerins chrétiens à la ville sainte. Cette intolérance sert de prétexte à la première croisade.

En 1095, lors du Concile du Clermont, le pape Urbain II lance un appel à la croisade contre les Turcs pour restaurer le pèlerinage du Saint-Sépulcre à Jérusalem et venir en aide aux Chrétiens d’Orient en réponse à l’appel à l’aide de l’empereur byzantin. Le pape y voit également l’occasion de détourner les seigneurs chrétiens de leurs habitudes violentes de se faire la guerre. En échange de leur engagement, le pape accorde aux croisés la promesse du pardon de leurs péchés (indulgences).

L’appel du pape est entendu et mène à la prise de Jérusalem en 1099 par les Francs qui établissent alors les États latins d’Orient : le royaume de Jérusalem, la principauté d’Antioche, les comtés de Tripoli et d’Edesse.
La réaction des musulmans, mobilisés contre les croisés (Jihad) par les turcs Zengi et Nur ad-Din puis le kurde Saladin est un succès : Edesse (1144) puis Jérusalem (1187) sont reprises par les musulmans.

Par la suite d’autres croisades sont menées afin de défendre, en vain, les États latins d’Orient qui disparaissent en 1291. Ces croisades créent également des tensions entre les deux mondes chrétiens à l’image de la prise et du pillage de Constantinople par les croisés en 1204 (quatrième croisade).

2. La Péninsule ibérique

Au VIIIe siècle, les musulmans étendent leur domination sur la péninsule ibérique. Une large partie de l’Hispanie est alors sous le contrôle du califat omeyyade de Cordoue (Al-Andalus) jusqu’au XIe siècle.

Les chrétiens, cantonnés au Nord, profitent de la fragmentation du califat de Cordoue (taifas) pour reprendre des territoires aux musulmans et s’étendre vers le Sud : c’est le début de la Reconquista symbolisée par la prise de Tolède par le roi de Castille en 1085.

Les musulmans organisent la contre-offensive sous l’impulsion des berbères Almoravides puis des Almohades depuis le Maghreb (Maroc) : c’est un jihad.

En 1212, la victoire de Las Navas de Tolosa ouvre la voie à la reconquête rapide par les chrétiens d’une grande partie des territoires musulmans de la péninsule ibérique. Seul le royaume de Grenade, tout au Sud, reste sous le contrôle des les musulmans. Il tombe en 1492.

La péninsule ibérique est un espace où cohabitent des communautés différentes (chrétiens, juifs, musulmans). Si la Reconquista pousse certains musulmans à fuir, les rois chrétiens font néanmoins preuve d’une relative tolérance envers les minorités religieuses (chartes sur la Maures au Portugal).


Vocabulaire

Al-Andalus : expression qui désigne les territoires de la péninsule Ibérique contrôlés par les musulmans entre 711 et 1492.

Croisades : expéditions militaires organisées par le pape dans le but permettre le pèlerinage en Terre sainte. => guerre sainte

Guerre sainte : guerre « légale » lancée par les autorités religieuses au nom de Dieu contre les infidèles.

Indulgences : dans la chrétienté, réduction ou annulation du temps de Purgatoire (avant l’accès au Paradis) pour le croyant.

Jihad : guerre sainte pour combattre les chrétiens et unifier le monde musulman.

Reconquista : reconquête, par les royaumes chrétiens, des territoires de la péninsule Ibérique alors contrôlés par les musulmans.

A. La méditerranée sous l’influence de trois civilisation

1. Un monde chrétien divisé

En 395, l’Empire romain est divisé entre les deux fils de l’empereur Théodose Ier. Coexistent alors l’Empire romain d’Occident (capitale : Rome, langue : latin) et l’Empire romain d’Orient (capitale : Constantinople, langue : grec). Les deux espaces restent chrétiens.

L’an 476 marque la fin de l’Empire romain d’Occident. Toutefois, en l’an 800, Charlemagne est couronné empereur d’Occident à Rome par le Pape : c’est le début d’une nouvelle tradition impériale. Au XIe siècle, l’Europe occidentale est morcelée en un ensemble de principautés rivales.
L’institution impériale subsiste mais son autorité est très limitée. Le Pape de Rome impose peu à peu son autorité spirituelle et morale à l’ensemble de l’Occident (réforme grégorienne).

L’Empire romain d’Orient, appelé aussi empire byzantin, reste un ensemble politique cohérent dont l’autorité est entre les mains du Basileus qui prétend détenir sa légitimité de Dieu. Sur le plan spirituel, les Byzantins ne reconnaissent pas l’autorité du Pape mais celle du Patriarche de Constantinople.

L’Occident et l’Orient sont marqués par des tensions religieuses et politiques constantes. En 1054, le légat du Pape excommunie le Patriarche et en 1204, les croisés occidentaux s’emparent de Constantinople et pillent la cité.

Schéma : La division du monde chrétien

2. La fin de l’ « âge d’or » de l’Islam

Vers 610, dans la péninsule arabique, un caravanier nommé Mahomet prêche une croyance monothéiste : c’est la naissance de l’Islam. Persécuté par les siens, il fuit La Mecque en 622 pour rejoindre Médine (Hégire) où il constitue une armée de fidèles avec laquelle il débute la conquête de l’Arabie.

A partir de sa mort, en 632, les proches fidèles de Mahomet mettent par écrit ses révélations dans le Coran, installent le Califat et poursuivent les conquêtes arabes au-delà de la péninsule arabique. Très vite, les musulmans connaissant des divisions politiques et spirituelles entre les sunnites et les chiites. Les chiites en particulier considèrent que le Calife doit être de la descendance de Mahomet par Ali, son cousin et beau-fils.

A partir de 661, la dynastie des Omeyyades règne sur l’empire arabo-musulman qui s’étend de l’Inde jusqu’à la péninsule ibérique. Durant plusieurs siècles, cet espace est marqué par une richesse scientifique (algèbre, médecine, géographie) et intellectuelle (poésie, philosophie) qui s’inspire de l’héritage grec, perse et hindou. Les grandes villes arabes sont des lieux qui attirent, à l’image de Damas.

Toutefois, à partir du Xe siècle, les rivalités entre différents califats (Fatimides, Omeyyades, Abbassides) entraînent la division politique de l’empire arabo-musulman. Divisé sur le plan politique et religieux, le monde arabo-musulman est affaibli : le XIIe siècle marque la fin de l’ « âge d’or » de l’Islam.

Schéma : Naissance et expansion du monde arabo-musulman


Vocabulaire

Basileus : titre de l’empereur byzantin (empire romain d’Orient).

Califat : territoire musulman dirigé par un calife (= souverain dans l’empire arabo-musulman).

Chiites : croyants musulmans qui ne reconnaissent que les descendants directs du prophète (Ali) comme chefs de la communauté musulmane => Chiisme.

Coran : livre sacré de l’Islam (religion des musulmans).

Patriarche : responsable religieux à la tête de l’Eglise chrétienne d’Orient.

Sunnites : croyants musulmans qui reconnaissent le strict respect de la tradition et des dynasties de califes en place => Sunnisme.

Documents

– Carte : La Méditerranée au XIIe siècle.

Vidéo : Visite 3D de Constantinople (reconstitution)

– Vidéo : La naissance de l’Islam (extrait d’un documentaire ARTE)