Intro. La périodisation de l’Histoire en France

I. S’approprier le temps

A. Un héritage romain et chrétien du décompte du temps

  • Mesurer le temps = idée ancienne → périodicité solaire/lunaire
  • Invention d’outils pour mesurer le temps (cadran solaire, clepsydre, sablier) et pour s’y repérer (calendrier)

B. Différentes manières de « penser » le temps

1. Plusieurs conceptions du temps qui passe
En France :
– vision linéaire du temps = un début et une fin → représentation sous forme de frise
– vision « progressiste » du temps → temps = source de progrès (révolution industrielle au XIXe, médecine au XXe)

Autres conceptions :
– conceptions cycliques (Aztèques, Chinois, Japonais…)
– conceptions déclinistes = le temps est une force qui éloigne les hommes des Dieux (Grecs)

2. D’autres calendriers = choix culturels
– calendrier musulman (lunaire) → débute par l’Hégire (622 du calendrier chrétien)
– expérience du calendrier révolutionnaire → début avec la République (1792)

C. Différentes manières de se repérer dans le temps

Les historiens utilisent une série de mesures pour se repérer dans le temps.

Repères « objectifs » :
– le millénaire → période de mille ans
– le siècle → durée de cent ans
– la décennie → période de dix ans

Repères « subjectifs » :
– des références à un acteur de l’Histoire : sous le règne de Louis XIV (période durant laquelle le roi exerce son pouvoir = 1643-1715), le siècle de Périclès (Ve s. av. JC)
– des chrononymes (référence à un événement) : « l’entre‑deux‑guerres » (1918‑1939), « la Belle Époque » (1900‑1914)
– la « période longue » qui découpe l’Histoire selon des choix culturels, scientifiques ou politique

II. La périodisation

A. La périodisation, c’est quoi ?

Périodisation : diviser le temps en périodes. Ce sont généralement des périodes longues.

Période : segment de l’Histoire qui se distingue des autres par des caractères propres.

Périodiser, c’est donc :

– ranger les événements dans le temps

– établir des continuités et des ruptures

B. Les grandes périodes de l’Histoire

En France, l’histoire est découpée en 4 grandes périodes :

→ l’Antiquité (-3300 à 476)

→ le Moyen Âge (476 à 1492)

→ l’époque moderne (1492 à 1789)

→ l’époque contemporaine (à partir de 1789)

C. La périodisation par rapport à des ruptures

L’Antiquité (-3300 à 476)

Unité : cités-États (Athènes, Sparte) et grands empires (Romains, Perses)

Début de l’Antiquité (rupture) : « Apparition » de l’écriture (vers -3300) = début de l’Histoire
→ limite : écriture résultat d’une évolution longue

Fin de l’Antiquité (rupture) : 476 = chute de l’Empire romain d’Occident
→ limite : partage de l’Empire romain en deux (Théodos, 395), déclin plutôt que chute, pas de bouleversement pour les contemporains, Constantinople survit à Rome (continuités)

Le Moyen Âge (476 à 1492)

Unité : développement de la féodalité et place grandissante de l’Église dans la société

Fin du Moyen Age (rupture) : 1492 = découverte de l’Amérique par Christophe Colomb → début de la « mondialisation »
→ limite : quotidien inchangé pour la majorité paysanne d’Europe (continuité)

Certains historiens préfèrent la date de 1453 : prise de Constantinople par les Ottomans
→ Constantinople est affaiblie depuis longtemps

L’époque moderne (1492 à 1789)

Unité : développement des grandes monarchies + mise en relations des continents

Fin de l’époque moderne (rupture) : 1789 = Révolution française → bouleversement en France et en Europe
→ limite : 1792 = Première République → rupture avec l’Ancien régime

D. Les limites de la périodisation

– Continuités persistant d’une période à l’autre
→ le quotidien des paysans européens n’est pas bouleversé par la découverte de l’Amérique

– Subjectivité : découpage = résultat de choix culturels, scientifiques ou politiques
→ vision « française » des événements (ailleurs les bornes peuvent être différentes)

– Apparition d’une nouvelle période mobile au XXe s. : le temps présent → période pour laquelle on trouve encore des témoins vivants

Bilan : Si les découpages sont utiles, les ruptures et les continuités que connait l’Histoire sont parfois complexes à distinguer pleinement. Les périodes sont donc le résultat de choix arbitraires.

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